La réserve de chasse et de faune sauvage de Béniguet

L'Office français de la biodiversité (OFB) est propriétaire de la réserve de chasse et de faune sauvage de Béniguet, située à la pointe de la Bretagne.

L’île de Béniguet est un îlot de 60 hectares en mer d’Iroise. Il s’agit d’un des sites les plus importants en France pour la reproduction des oiseaux de mer et de rivage. Son patrimoine naturel, archéologique et paysager est également réputé.
Elle a été classée en réserve de chasse et de faune sauvage (RCFS) en 1993 afin de protéger sa flore et sa faune remarquables.

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L’île fait partie de l’archipel de Molène dont plusieurs îlots sont classés en réserve naturelle nationale (RNN). Le milieu marin, y compris les grèves autour des îlots, est quant à lui inclus dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise.
Sa richesse naturelle a valu à l’archipel d’être classé « Réserve de Biosphère » dans le cadre du Programme « Man and Biosphere » (MAB) de l’UNESCO.
Depuis 2018, un projet d’extension de la réserve naturelle nationale d’Iroise est à l’étude et devrait aboutir en 2021 à une réserve naturelle nationale étendue intégrant l’île de Béniguet, renforçant ainsi le statut de protection de ce site remarquable.

Habitats et espèces de la réserve

Longue d’environ 2 km pour une largeur maximale de 300 m, la réserve de Béniguet connaît parmi les plus fortes densités en France pour deux limicoles nicheurs rares dans notre pays :

  • l’Huîtrier pie (40-50 couples),
  • le Grand gravelot (10-20 couples).

Elle constitue également une des principales colonies multispécifiques de goélands (Goéland brun, Goéland argenté et Goéland marin) et accueille une importante colonie de Cormorans huppés dont les effectifs sont en constante augmentation depuis les années 1990 (271 nids recensés en 2019).

La réserve a longtemps abrité les seules colonies régulières de sternes de l’archipel de Molène. En 2010, les effectifs de Sterne pierregarin et de Sterne naine atteignaient encore respectivement les 80 et 70 couples. Depuis, ces deux espèces nichent de manière occasionnelle.

Sur l’île, on note également la présence de deux micromammifères terrestres :

  • la Souris grise domestique,
  • la Crocidure des jardins, une espèce de musaraigne autochtone.

Béniguet constitue un site de référence pour le suivi de ces espèces dans un contexte d’absence totale de prédateurs naturels en comparaison à d’autres sites insulaires en Bretagne.
Bien qu’exclusivement terrestre, la réserve de Béniguet est connectée à un environnement marin exceptionnel qui abrite de nombreuses espèces de mammifères marins. En particulier, les Phoques gris de l’archipel de Molène fréquentent régulièrement les anses de la réserve.

L'OFB, gestionnaire de la réserve de chasse et de faune sauvage de Béniguet

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Propriété de l'Office français de la biodiversité, la réserve est gérée par le service départemental du Finistère avec l’appui de la Direction régionale Bretagne et en lien étroit avec le Parc naturel marin d’Iroise. Consacrée à la conservation et à l’étude du patrimoine naturel, la réserve fait l’objet d’un programme technique et scientifique annuel réalisé en autonomie ou en lien avec des partenaires de l’OFB.
Les agents de l’établissement réalisent sur l’île des missions de surveillance, ainsi que des suivis techniques sur les espèces et leurs habitats.

L’île est également un lieu régulier d’expérimentations ou de recherches scientifiques (géomorphologie, archéologie…) réalisées avec des partenaires de l’Office français de la biodiversité.

Rapport d'activité 2020

Réglementation dans la réserve

Dans le but de préserver la flore et la faune exceptionnelles de Béniguet, l’arrêté pris le 10 novembre 1993 par le Préfet du Finistère interdit en tout temps l’accès de l’île au public. Le débarquement sur les plages y est donc autorisé, mais la partie terrestre de l’île est interdite d’accès sans l’autorisation du personnel de la réserve. Toutefois, pour permettre aux pêcheurs à pied de passer d’une grève à l’autre, la traversée de l’île est tolérée par un sentier qui passe près des bâtiments d’habitation. La traversée est rigoureusement interdite ailleurs. Des panneaux d’information rappellent cette réglementation aux personnes débarquant sur l’île.

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