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Les canards roux dans le viseur

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Le 25 février 2020, les experts de plusieurs pays européens se sont réunis à Londres pour faire le point sur la lutte contre l’érismature rousse. La France était représentée par l’Office français de la biodiversité, coordinateur du projet LIFE Oxyura qui vise à endiguer la reproduction de ce canard en milieu naturel.

L’érismature rousse est une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique. En Europe, elle menace sa cousine à tête blanche, notamment à cause du croisement entre les deux espèces.  Pour préserver l’espèce indigène, un plan de lutte européen contre l’érismature rousse a été mis en place.

Le bilan de l’avancement de ce plan d'actions, réalisé en cette fin février, est plutôt favorable :

  • En France, les effectifs continuent de diminuer avec désormais moins de 60 individus.
  • Le Royaume-Uni, qui a connu un pic à 6 000 érismatures rousses en 2000, compte désormais seulement 12 individus grâce à l’action conjointe des autorités et de la communauté ornithologique. C’est la première année où aucune reproduction naturelle n’est observée depuis 1953.
  • Les Pays-Bas restent une source d’inquiétude avec environ 80 oiseaux soumis à une faible pression.
  • La Belgique ne totalise qu’une dizaine d’individus.
  • L’Espagne n’observe plus d’érismatures rousses alors que la population d’érismatures à tête blanche se porte bien et compte environ 2 500 individus.  

Cet échange fera l’objet d’une recommandation officielle aux États concernés. La France semble en bonne voie pour atteindre une pleine maitrise de cette espèce au profit de la conservation de l’érismature à tête blanche.

L’érismature à tête blanche

L'érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala)  est un canard de taille moyenne,  reconnaissable à son bec plat et bleu. Il mesure de 43 à 48 cm pour un poids de 600 à 900g. Cette espèce peut parcourir plusieurs dizaines de mètres sous l’eau pour se nourrir ou fuir un prédateur.
La population mondiale de l’Erismature à tête blanche a fortement décliné au cours du XXème siècle jusqu’à être classée comme « en danger d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En France, cette espèce est protégée.