Dans le cadre du Plan national d’actions en faveur du Vison d’Europe, les premières réintroductions dans le milieu naturel français de Visons d’Europe élevés en captivité sont mises en œuvre depuis début août 2025. Ces premiers lâchers ne sont que la première étape d’une vaste opération qui a pour objectif de réintroduire une centaine d’individus d’ici à 2031.
Autrefois largement répandu en Europe, le Vison d’Europe (Mustela lutreola) a perdu 90 % de ses effectifs au cours du XXe siècle.
La perte d’habitats favorables (zones humides, cours d’eau...), la progression du Vison d’Amérique (espèce exotique envahissante concurrente), les collisions routières et les destructions accidentelles sont les principales causes de raréfaction de cette espèce.
En France, la population restante est estimée à moins de 250 individus, localisés principalement en Nouvelle-Aquitaine.
Notre pays abrite l’une des cinq dernières populations sauvages d’Europe et a donc une responsabilité de premier ordre pour la conservation de cette espèce.
Face à ce déclin, le ministère en charge de l’environnement a mis en place un Plan national d’actions (2021-2031) en faveur du Vison d’Europe. Ce Plan national d’actions est composé de 13 actions clés regroupées en 5 axes :
Dans le cadre du Plan national d’actions, le Parc animalier Zoodyssée dans les Deux-Sèvres a mis en place un élevage conservatoire du Vison d’Europe. Depuis 2019, une cinquantaine de naissances ont été permises grâce à cet élevage.
En août, dix visons nés entre mai et juin 2025 ont été lâchés dans le milieu naturel après une phase d’adaptation d’environ deux semaines dans des enclos d’acclimatation. Durant cette période, ils ont fait l’objet d’une surveillance quotidienne par l’Office français de la biodiversité (nourrissage, vérification de la santé de l’animal, de leur aptitude à la chasse…). Les animaux sont équipés d’un système de localisation permettant de les suivre pendant 6 mois à 1 an et d’évaluer leur devenir dans le milieu naturel.
« Ce programme reflète la mise en œuvre coordonnée des politiques publiques en faveur de la biodiversité, à l’échelle nationale comme européenne. Il illustre notre capacité à mobiliser l’expertise scientifique, à dialoguer avec les territoires, et à construire des actions concertées sur le long terme. La réintroduction du Vison d’Europe est aussi un levier pour restaurer les continuités écologiques et renforcer la résilience des zones humides, habitats essentiels à de nombreuses autres espèces. »
Olivier Thibault, Directeur général de l’OFB